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Natura 2000

Présentation générale du site des marais de Vilaine

Les marais de Vilaine

Les marais de Vilaine sont intégrés dans le réseau européen Natura 2000 avec leur classement en Zone Spéciale de Conservation (en application de la Directive Habitats) depuis le 4 mai 2007. La préservation de diversité des zones humides (prairies, landes, tourbières, boisements alluviaux) et des milieux aquatiques (cours d'eau, plans d'eau, mares, fossés de marais) identifiées sur ce site est un enjeu majeur pour le site. 

Ces milieux sont également indispensables pour de multiples espèces animales menacées de disparition en Europe comme la loutre, des chauves-souris, des libellules, des poissons migrateurs.

Le site « Natura 2000 », initialement de 9 489 ha avec 28 communes s'étend aujourd'hui à 10 891 ha et concerne 34 communes. Le périmètre épouse les basses vallées alluviales de la Vilaine, de l'Oust, de l'Isac, du Don et de la Chère et concerne les régions Bretagne et Pays de Loire.

La carte ci-après présente de façon générale la ZSC des marais de Vilaine et son extension :

ZSC des marais de Vilaine

 

La démarche locale Natura 2000 est animée par l'Établissement Public Territorial du Bassin de la Vilaine depuis 2008. L'EPTB Vilaine assure la mission d'animateur du site Natura 2000 Marais de Vilaine et depuis 2019, l'État lui a confié la mission de réalisation du Document d'Objectifs Baie et Estuaire de Vilaine.

Le Document d'Objectifs est le fruit de 4 années de démarche participative avec les acteurs du territoire. Il a été validé par arrêté préfectoral, le 5 juin 2008. Il sert de document de références pour toutes les actions mises en œuvre sur ce site. Depuis 2004, la présidence du Comité de Pilotage de ce site a toujours été assurée par un élu local (initialement Jean-Louis Fougère, puis Patrick Le Villoux et actuellement Jean-Marc Carreau), la mobilisation des invités lors des Comités de Pilotage (près de 80 personnes) témoigne de la volonté des acteurs locaux à suivre cette démarche.

Il est important de souligner le contexte historique singulier de ce site. Jusqu'à la mise en service du barrage de Redon (en 1936) mais surtout du barrage d'Arzal (en 1971), ces marais constituaient l'estuaire interne de la Vilaine. On estime à près de 800 hectares de perte de surface de marais soumise à l'influence estuarienne (d'après des données internes à l'IAV). Les objectifs de l'époque étaient notamment de valoriser les marais en terre agricole avec un lourd programme de drainage, de favoriser le cabotage et le tourisme fluvial en supprimant des méandres (cas de Quinssignac) et en favorisant le tracé linéaire des cours d'eau (Oust notamment). Les bénéfices économiques attendus étaient conséquents mais l'impact sur la biodiversité n'a pas été mesuré mais ont été dramatiques notamment pour la reproduction de poissons (disparition de nurseries de poissons marins avec celle des biotopes estuariens), pour la migration des oiseaux sauvages (échassiers, canards, oies rieuses), pour les prés salés et leur biodiversité associée. 

Les naturalistes ont mis quelques années avant de s'intéresser à nouveau aux marais de Vilaine qui ont subi une réelle transformation des écosystèmes terrestres et aquatiques. De nouvelles espèces animales et végétales sont apparues et d'autres se sont adaptées. Aujourd'hui ces marais recèlent une grande diversité d'espèces et de milieux semi-naturels qui sont d'intérêt patrimonial européen.

 

Les prés marais sont des milieux exceptionnels à préserver

Au total c'est 5 470 ha de prairies qui sont identifiés dans ces marais et gérées par près de 400 agriculteurs. La diversité des espèces végétales que l'on peut y observer en font leur grande richesse. Leur gestion extensive par fauche et pâturage est encouragée par le Comité de Pilotage du site Natura 2000 en proposant des Mesures Agro-environnementales aux agriculteurs. Une MAE est un contrat de 5 années établit entre un exploitant et l'État-Europe. En contrepartie du respect d'un cahier des charges précis qui vise le maintien de pratiques agricoles qui préservent la biodiversité remarquable, l'agriculteur perçoit une indemnité annuelle par hectare engagé. L'IAV est aujourd'hui l'Opérateur Agro-environnemental en charge de l'accompagnement de ces exploitants volontaires.

Un fonctionnement hydraulique général de ces marais contrarié par la gestion du barrage d'Arzal

Le choix politique local de soutien financier des pratiques de fauche et de pâturage des prés marais s'accompagne d'un programme d'interventions dans le réseau de fossés des marais pour permettre le ressuyage des parcelles après les crues et faciliter la repousse des graminées dès le printemps (curage des fossés, arrachage de la jussie et rétablissement de la continuité écologique et sédimentaire dans les cours d'eau). Un plan global d'interventions initié par l'IAV, Opérateur Natura 2000, a été validé par arrêté préfectoral en juillet 2012 (Déclaration d'Intérêt Général) et il est actuellement mis en œuvre par les structures locales de bassin (Syndicat Mixte du BV de l'Oust, Syndicat Mixte du BV de l'Isac, Syndicat Mixte du BV du Don), la Communauté de communes du Pays de Redon, les Conseils départementaux d'Ille et Vilaine et de Loire-Atlantique et la région Bretagne.

Les marais de Vilaine disposent d'un réseau hydrographique particulièrement dense (9 cours d'eau principaux et près de 400 km de réseau de fossés) qui façonne la morphologie générale du site et permet à une 40aine d'entités territoriales de disposer d'un fonctionnement hydraulique propre (Unités Hydrologiques Cohérentes). Celles du Vieil Isac et du Trévelo ont nécessité la mise en place d'ouvrages hydrauliques de déconnexion des cours d'eau d'alimentation des marais, de celui de la Vilaine (vannage équipé de pompes) afin de maintenir la gestion agricole des prés marais. En effet, le rehaussement de la ligne d'eau de la Vilaine avec la mise en place du barrage d'Arzal aurait ennoyé la majeure partie de l'année ces secteurs. 

Le programme de restauration du réseau de fossés dans les marais vise également la création de multiples ouvrages de déconnexion pour contrebalancer la gestion hydraulique artificielle induite par le fonctionnement du barrage d'Arzal. Les objectifs de gestion de ce barrage conduisent généralement à diminuer la ligne d'eau en hiver pour éviter les crues et l'inondation des parties urbanisées du secteur de Redon, et à maintenir un niveau d'eau suffisant en été (correspondant à une quantité et qualité d'eau) pour assurer la production d'eau potable à l'usine d'eau de Férel.

Une mosaïque de milieux et une diversité d'espèces qui font la richesse patrimoniale du site

Concernant la mosaïque de milieux naturels, au total 9 209 ha d'Habitats semi-naturels ont été identifiés (une 60aine de différents) et cartographiés sur le site, dont 2 384 ha d'Habitats menacés de disparition en Europe (24 « habitats » différents). La diversité de ces milieux constitue les espaces vitaux pour 18 espèces animales et végétales d'intérêt communautaire.

La Loutre, l'espèce emblématique des marais

Depuis une bonne 10aine d'année, la Loutre recolonise les marais de l'Arz, de la Vilaine et de l'Isac. Cette reconquête s'effectue à partir de la population du bassin du Brivet (Grande Brière) et du secteur de Noyalo et de Pen Mur mais elle est extrêmement lente en raison de la faible densité de cette population. Cette progression est dépendante de la qualité des milieux aquatiques et des micro-habitats que la Loutre fréquente : les prairies et boisement humides souvent inondées sur les parties basses qui maintiennent une faune banales qui intervient dans la chaîne alimentaire, les petits marais des affluents de la Vilaine, de l'Oust et de l'Isac où alternent des cariçaies, des boisements de saules, les ripisylves dont les vieux arbres creux et les lacis racinaires sont utilisés comme gîtes, les vallées boisées des affluents constituent des zones de pêche, de reproduction et de passage vers les bassins versants voisins.

Le saumon atlantique et la lamproie marine, espèces d'intérêt communautaire

La reproduction des géniteurs et la croissance des juvéniles du Saumon Atlantique s'effectuent en eau douce, sur des zones de graviers et cailloux, où la vitesse d'écoulement est élevée et la profondeur peu importante. 2 secteurs seulement sont propices à la reproduction du saumon sur le site : les affluents du Trevelo et du Pesle dans le bassin du Trévelo. D'autres secteurs constituent des couloirs de migration pour cette espèce avant d'atteindre les zones de reproduction favorables, sur l'Arz et l'Oust.

La lamproie marine se reproduit où se trouve des fonds sablo-graveleux et où l'écoulement est rapide : dans la rivière des Fougerêts (marais de l'Oust), sur l'Arz, l'Aff, le Pesle et le Roho (Saint-Dolay).

L'anguille, une espèce en danger, non identifiée dans l'annexe 2 de la Directive Habitats mais prise en compte dans la démarche locale Natura 2000.

La disparition de biotopes estuariens des marais de Vilaine a fait payer un lourd tribu à l'anguille européenne. L'effort de rétablissement de la continuité écologique et sédimentaire dans le réseau de fossés des marais et les cours d'eau associés, permet de favoriser le développement de l'espèce en lui offrant des milieux favorables à son grossissement (zones de marais toujours en eau, riches en organismes aquatiques). L'installation d'ouvrages de déconnexion des cours d'eau d'alimentation des marais avec le cours d'eau principal de la Vilaine et leur fonctionnement, doit prendre en compte les besoins de migration de cette espèce. Une passe à anguilles a d'ailleurs été installée à l'ouvrage de l'Isac.

 

Pour toute information complémentaire, vous pouvez joindre l'EPTB (Établissement Public Territorial de Bassin) au 02 99 90 88 44.

Retrouvez toutes les informations sur le site de l'EPTB

Ou sur le site de l'Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN) 

 

Quelques chiffres

Les sites Natura 2000 recouvrent le territoire de l'Union Européenne à hauteur de 18%

1 758 sites terrestres en France qui couvrent 12,6 % de la surface nationale soit 6,9 millions d'hectares et ils concernent 13 217 communes.

Les Marais de Vilaine couvrent près de 10 900 ha et concernent 34 communes, 3 départements et 2 régions. À Saint-Dolay, la surface communale concernée par ce site est de 659 ha.

Les Marais de Vilaine servent de gîte ou de garde-manger pour 17 espèces animales menacées de disparition en Europe et 24 milieux différents sont à préserver au titre de la démarche Natura 2000.